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Cultivons la curiosité

South Park - Saison 20

South Park - Saison 20

Nous nous rapprochons à grand pas de la dernière saison en date de la série animée de Trey Parker et Matt Stone. Et là, ce sera en 2016 que la vingtième saison a été diffusée. Qui dit 2016, dit élection de Donald Trump. Et nous verrons que cela fût le fil rouge, déjà évoqué lors de la saison 19, même si ici Donald Trump est remplacé par Garrison, et donc ce fil rouge sera intéressant mais aussi le défaut de ces nouveaux épisodes. Au nombre de 10, toujours de 22 minutes, cette fois-ci plus que jamais, la structure du récit est unique. On avait eu droit à une tentative correcte lors de la saison 18, qui trouva la perfection avec la suivante. Mais là, cela sera peut-être un peu trop. Se manger des cliffanghers à chaque fin d'épisode est un peu trop facile.

Pire, on perd de vue...wwooooh, mais attendez, je plonge déjà dans le sujet, je vais trop vite. Avant toute chose, sachez que c'est toujours Comedy Central qui diffuse aux États-Unis d'Amérique, et Game One en France. C'est entre septembre et décembre 2016 que tout le monde a pu découvrir cette saison, sachant que Game One ne diffusera que plus tardivement la saison 20, mais MTV se charge de passer quasi simultanément cette saison dans notre pays. On y perd les excellentes voix françaises. Sachez qu'ici, ce sera la version française qui sera vue, sur Prime Video, sans perdre de vue que Netflix a aussi cette saison dans son catalogue. Petite vidéo.

Vidéo de SOUTH PARK VF

Donc, comme je le disais, nous allons suivre Garrison dans sa campagne présidentielle. Seulement, si au début, c'est rigolo (il a baisé à mort le premier Ministre Canadien dans la saison précédente je vous rappelle), là, l'ancien maître d'école de South Park commence à avoir une chance de victoire. Et il n'aime pas ça, faisant tout pour saboter sa campagne. Faisant preuve de misogynie, étant odieux, rien n'y fait. Et la stupidité de son adversaire (Hillary Clinton) n'aide pas.

Quand les conseillers d'Hillary lui disent de répondre que son adversaire est un menteur, qu'il ne faut pas lui faire confiance, forcément, on sent l'entourloupe arriver. Elle sera tellement stupide que quand Garrison indique qu'il sera un mauvais président, incapable de gouverner, elle répondra bêtement que c'est un menteur.

On apprécie aussi le fait qu'il y a cette lutte entre la poire à lavement et le sandwich au caca. Pour ne pas dire respectivement Républicains contre Démocrates. Le pire est que l'on arrive un peu à comprendre la vision étasunienne. Comment un homme comme Garrison peut-il être aussi populaire ? Simplement car il parle normalement, un langage que tout le monde comprend. Ceci nous explique pourquoi Donald Trump est arrivé, malgré ses erreurs, malgré sa personnalité, à atteindre le poste suprême.

Comme pour mieux affilier la série avec la réalité, Garrison va complètement changer de look. Il ressemblera désormais beaucoup plus à son homologue fraîchement élu. Avec même les postures un peu stupides, et la bouche niaise. La série s'attarde donc sur cette lutte pour la présidence, mais pas que. Vu qu'un terrible troll va sévir sur internet.

Et là, la série va prendre une dimension sympathique mais elle va aussi aller trop loin dans le n'importe quoi. Au début, tout le monde pense que Cartman est Piègeàmorues42, un terrible Troll qui s'amuse à mettre des zizis en photomontage dans les bouches de personnes innocentes. Ou qui insulte copieusement les filles sur les forums. Voire sur les réseaux sociaux. Il y aura une grève de l'amour de la part des filles, qui rompront toutes avec leurs copains afin que ces derniers réagissent devant l'horreur de leur ami masculin.

Et ils réagiront. Un peu trop. Piégeant un Cartman en fait innocent. Ce qui va provoquer en lui un immense choc. Au point qu'il fuira les réseaux sociaux et trouvera une petite amie. Alors que l'on découvrira l'identité de Piègeàmorues42, le Danemark va entrer dans la danse. Ne me demandez pas pourquoi spécifiquement le Danemark, mais en tout cas le Troll sera allé trop loin, provoquant le suicide d'une Danoise connue. Ce qui choquera ce dernier, car lui il trolle juste pour rigoler.

Avec Garrison au pouvoir, tout peut arriver. Et quand le Danemark menace de lancer un site qui permet de connaître l'historique internet de tout le monde à travers la planète, c'est bien la fin annoncée de la civilisation Humaine. Surtout quand le dernier espoir est de faire confiance à Garrison. Ceci provoque une panique. Même un début de troisième guerre mondiale évité de peu. Et encore, il arrive d'autres choses, mais l'élection et la lutte contre le Troll d'internet et le Danemark sont le fil majeur de cette saison.

Et, j'ignore si j'ai bien expliqué, mais vous constatez que c'est un désordre monstrueux. Oui, on ne s'ennuie jamais, sauf qu'il se passe trop de choses. Il y a beaucoup trop de références à la seconde et c'est quasiment impossible de tout suivre. Du coup, il y a une forme de frustration, et un sentiment de rapidité assez gênant. On perd quelque peu le quatuor de vue. Cartman menant sa vie à part. Quand j'y repense, Kenny est quasiment absent, ou du moins relégué au second plan, tout comme Stan. Seul Kyle reste bien en vue. D'ailleurs, je crois bien que l'on voit plus Ike, le petit frère de Kyle, que Kenny.

C'est peut-être ce manque de centralisation auprès des enfants qui fait que la série perd un peu de légèreté. Une forme d'insouciance qui part dans cette saison. Si les précédentes avaient introduit de façon parfaite cette idée de récit construit en 10 parties, ici, ça va un peu trop loin. Délaissant le côté enfantin de "South Park", pour mieux balancer des références à des œuvres connues, tout en ce moquant de l'actualité.

Trop de sous intrigues, notamment avec Cartman et la conquête spatiale de SpaceX, qui arrive alors qu'il vit le parfait amour avec Heidi et cherche à stopper la guerre des sexes. Oui, vous voyez un peu jusqu'où on va. Et ceci dans une sous intrigue. Ceci complexifie le récit et n'offre pas spécialement des moments drôles. Alors que les Myrtilles "Tu Souviens ?" tentent de prendre le pouvoir. Comme si la plongée dans le passé aller tout résoudre. Et je trouve qu'identifier ce que l'on nomme nostalgie, qui provoque souvent cette phrase : "C'était mieux avant", est une excellente idée.

Des bonnes idées, cette saison n'en manque pas, on se marre, mais moins que précédemment. La critique de la campagne présidentielle est incroyablement juste, et elle est très intéressante. Après, la chasse aux trolls, bien que traitant d'un problème toujours d'actualité, était peut-être en trop. Ce qui fait que l'on navigue de Garrison à Gérald, et qu'au final on se perd un peu trop facilement. Même si tout se recoupe à la fin (avec aussi SpaceX), ce n'est pas aussi spectaculaire que dans la saison 19.

Bref, j'étais un peu perdu, des personnages principaux passent au second plan, et si la critique des U.S.A. reste toujours perspicace, trop vouloir dire de choses et complexifier son récit fait que l'on savoure moins cette saison. Qui manque de légèreté j'ai trouvé. C'est sympa, mais ça fait trop de référence, et ça part trop loin dans le délire. J'ai aimé, mais ce n'était pas au niveau des deux précédentes saisons car trop fouillis.

@+

P.S. : Chronique écrite avant que Netflix ne perde les droits de diffusion de "South Park", désolé pour la confusion.

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